09 mai 2008
Ton plaisir a le goût
La bête
Nous pencherons sur toi notre corps et notre âme,
Bouche intime, nudité de la nudité,
Tendre et mystérieux repli de la beauté,
Rose coquille où vit la passion des femmes !
Lorsque, pour t'adorer, nous plions le genou,
L'odeur de tout l'amour exalte nos narines,
Et, sous notre baiser, ton plaisir a le goût
De goémons mouillés et des bêtes marines,
Toi de chair délicate et crue, étrange cœur
Du monde, rétractile et secrète gencive,
Bête terrible, bête au guet, bête lascive,
Bête éternelle, - O joie !... O douleur !... O douceur !...
Lucie Delarue
Auteur inconnu
06 mai 2008
Je veux te prendre !
Furieusement
Je veux te prendre, toi que je tiens haletante
Contre mes seins, les yeux de noirs de consentement ;
Je veux te posséder comme un amant,
Je veux te prendre jusqu'au coeur !...Je veux te prendre !...
Ah ! rouler ma nudité sur ta nudité,
Te fixer, te dévorer les yeux jusqu'à l'âme,
Te vouloir, te vouloir !... Et n'être qu'une femme
Sur le bord défendu de la félicité !...
Et m'assouvir d'une possession ingrate
Qui voudrait te combler, t'atteindre, t'éventrer,
Et qui n'est rien qu'un geste vain d'ongle fardé
Fouillant de loin ta chair profonde et délicate !...
Lucie Delarue
Auteur inconnu
Sandokan
Lesbos
Sandokan
05 mai 2008
Hélène Khoury
Hélène Khoury
Source: http://helenekhoury.exto.nl
Elle sait elle se souvient
EN AMONT DE L’ATTENTE
Elle sait elle se souvient
la rencontre le moment du
premier baiser
la montée de
l’absence en
elle
jubilation les yeux fermés
l’ascension lente
sans secousse
autre que celle
de l’émoi
elle sait elle se souvient
la porte qui s’ouvre longue
sur les résistances
ombre jetée à claire-voie
sur le lit brun
l’éclaboussement de lumière
colonnes blanches fronton cariatides
rideaux tirés sur leur désir
étreinte douce haleines tièdes
hors entrave hors
du temps
elle voit elle se souvient
les vêtements en chute lente
roulés en
joyeux pêle-mêle
elle d’abord elle ensuite
ailes jointes à même le jour
défait de ses habitudes
délié de ses formes
assise couchée dépliée bras et jambes
corps tapis dans la plainte du temps
le temps de se souvenir que l’autre
existe loin sous la peau à même
le flux et le reflux des jours
dans les avers de la mémoire
en amont de l’attente
elle voit elle sait elle sent
elle se souvient
se tait
Angèle Paoli
D.R. Texte angèlepaoli
Source: http://terresdefemmes.blogs.com
Auteur inconnu

