30 août 2009
NON !!!!
Gertrude Millaire. "Non! mais qu'est-ce que vous croyez..."
Auteur inconnu
Non! mais qu'est-ce que vous croyez
que je vais m'offrir comme ça
à la face du monde...
Non merci ! Cela ne regarde que moi
juste moi
mais qu'est-ce que ça peut leur foutre à eux
pourquoi leur parlerais-je de ma démence
de ma tourmente, de ma folie épouvantée
Et leur dire quoi
que mes rêves trop grands
déchirent mon envol
que l'imaginaire se nourrit de fleurs parfumées
à l'épice d'un ailleurs
inconnu
leur dire que demain, demain
écorche l'aujourd'hui
et quoi encore
leur dire que j'ai peur...
pour les entendre rire
parce que eux ne vivent pas ces noeuds
qui viennent de je ne sais où
vous habitent les entrailles
montent à la gorge et vous étouffent le cri.
la peur est là à chaque pas...à chaque
craquement de vie
Oui j'ai peur j'ai peur j'ai terriblement peur
quand je mets plein gaz pour échapper à la
gravité de la terre
peur de me détacher à tout jamais de cette boule.
Mais là-haut c'est la LIBERTE
Oui j'ai peur, j'ai peur si peur
peur du manque d'air à chaque nouvelle plongée
peur de me perdre à tout jamais dans ces bas-fonds marins
Mais dans ces eaux c'est la LIBERTE
oui j'ai peur, j'ai terriblement peur
d'ouvrir grande ma voile aux caprices du vent
peur du chavirement, peur du déchirement
mais dans ce vent c'est la LIBERTE
Oui j'ai peur.
Peur de vos absences! mais non
l'absente n'est qu'une présente trop aveuglante
le silence n'est qu'un écho du coeur
la pluie que des fils de communication
et quoi encore et quoi encore
mais n'insistez pas, je ne vous dirai rien
ça ne concerne que moi et ma peur
DEFI-FORCE-ACTION
Et la PEUR C'EST AUSSI LA LIBERTE.
13 décembre 2008
ELLE DIT NON
ELLE DIT NON - Christine Davi
Sous les néons oranges Des pavés des parking
La démarche la change La haine est féminine
Elle a le noir bitume Des dessous des cités
Fallait que ça arrive La révolte mature
Le cœur sur le qui-vive Le combat sera dur
Pour un feu qu’on allume Elle braille au brasier
Qu’une seule voix s’élève Celle de Kahina ou d’Eve
Elle dit NON Ne veut pas baisser les armes
Ne veut pas laisser les larmes Envahir l’horizon
Elle dit NON Aux sourires de complaisance
Accomplis dans le silence Insolente soumission
Elle dit NON Au nom des faibles et des femmes
Et des enfants qu’on enflamme Sans déranger l’opinion
Aux aguets du ghettos Elle veille colère
Le respect n’est qu’un mot Pour ses sœurs et ses mères
Si t’es dans la cité Tu cries pas au secours
Elle connaît sa mission Son regard est révolte
Tenir par tradition Toujours sa tête haute
Prôner la liberté Et mariage d’amour
Qu’une seule voix s’élève Celle de Kahina ou d’Eve
Elle dit NON A ces blessures qui s’immiscent
Entre les cœurs et les cuisses Insolente soumission
Elle dit NON Au nom des faibles et des femmes
Et des enfants qu’on enflamme Sans déranger l’opinion
Il y a celles qui se terrent En disant faut se taire
Quand on les roue de coups Elles tendent l’autre joue
On s’habitue à tout Mais pour elles aussi …
Elle dit NON Aux injures qui la dégradent
Et à ceux qui la regardent Elle sourit sans soumission
Elle dit NON Au nom des faibles et des femmes
Et des enfants qu’on enflamme Sans déranger l’opinion
SACEM 04 février 2003
Source: http://christinedavi.chez-alice.fr
25 octobre 2008
Reste la déchirure
Quand il ne reste rien...
Quand il ne reste rien
quand on a éloigné les peines et les rires
quand on a remisé au cellier de la mémoire les deuils et les pensées
tout cela en lentes compromissions achevées
quand il ne reste rien
hormis la nudité de soi
le nu de l’être
alors on voit
lumière
la souffrance même
racine et fleur
On voit la route sombre de l’existence
ses méandres éclairés de vrai
où chaque pas prélève sa dîme au songe
Quand on a ôté ce qui blesse
reste la déchirure
première
racine et fleur
qui jamais ne guérit d’être
Leila Zhour
Source: http://coeurdemots.hautetfort.com
22 octobre 2008
Même s'il me faut lâcher ta main
Tant de belles choses
Même s'il me faut lâcher ta main
sans pouvoir te dire "à demain"
rien ne défera jamais nos liens...
même s'il me faut aller plus loin
couper des ponts, changer de train
l'amour est plus fort que le chagrin...
L'amour qui fait battre nos coeurs
va sublimer cette douleur
transformer le plomb en or
tu as tant de belles choses à vivre encore...
tu verras au bout du tunnel
se dessiner un arc-en-ciel
et refleurir les lilas
tu as tant de belles choses devant toi...
Même si je veille d'une autre rive
quoi que tu fasses, quoi qu'il t'arrive
je serai avec toi comme autrefois...
même si tu pars à la dérive
l'état de grâce, les forces vives
reviendront plus vite que tu ne crois...
dans l'espace qui lie ciel et terre
se cache le plus grand des mystères
comme la brume voilant l'aurore
Il y a tant de belles choses que tu ignores
la foi qui abat les montagnes
la source blanche dans ton âme
penses-y quand tu t'endors
l'amour est plus fort que la mort...
Dans le temps qui lie ciel et terre
se cache le plus beau des mystères
penses-y quand tu t'endors
l'amour est plus fort que la mort...
Françoise Hardy
18 octobre 2008
Je vois une femme

Je vois une femme
Peau rouge terre
elle est largeur
Plaine étendue d'ocre
ses jambes, ses bras racontent des paysages
Dans la brûlure du ciel
femme-colline
elle est poussière
et boue
rivière aussi
et puis forêt
un joyau de nature
De mon regard, j'embrasse sa ligne
tendue, étendue
Mon regard capte l'attente
sa soif
l'urgence
Je vois une femme
peau rouge terre
paysage, elle m'épouse
dans le bain ocre de ses baisers
Je la vois
De ses couleurs nues elle m'invente
me lègue puissance
passion de sang
passion de vie
Je la goûte
femme-origine née d'entre les terres rouges de ma mémoire
Leila Zhour
Source: http://coeurdemots.hautetfort.com
Géante et minimale

Je pose sur les choses...
Je pose sur les choses des mots qui s’émiettent
se brisent
et le regard éclate
à la poursuite de leur effondrement
Poussière
Puis les mots encore
armés des filets du sens
traquent dans le vide ces bribes avides d’être
choses et pensées
Quelle perte !
Ma volonté se dissout dans l’absence
Me voici sans réalité
Sur le lit des possibles
géante et minimale
Rendu à ses ultimes limites
Le silence du langage est chant
Je suis infinie en un souffle d’espace
après les mots
bien après toute chose
Leila Zhour
Source: http://coeurdemots.hautetfort.com
23 septembre 2008
Je vous écris

Point.Of.View
-Je vous écris…
Je vous écris sous les paupières de mon amour
avec de l'encre un peu blessée.
Avec des mots qui peuvent attendre.
On les prononce toujours trop tôt.
Après, on ne peut que les redire.
Et c'est forcément moins beau.
Joëlle BRIERE
24 juillet 2008
Douce à mourir
Baiser
Renverse-toi que je prenne ta bouche,
Calice ouvert, rouge possession,
Et que ma langue où vit ma passion
Entre tes dents s'insinue et te touche:
C'est une humide et molle profondeur,
Douce à mourir, où je me perds et glisse;
C'est un abîme intime, clos et lisse,
Où mon désir s'enfonce jusqu'au coeur...
-Ah ! puisse aussi t'atteindre au plus sensible,
Dans son ampleur et son savant détail,
Ce lent baiser, seule étreinte possible,
Fait de silence et de tiède corail;
Puissé-je voir enfin tomber ta tête
Vaincue, à bout de sensualité,
Et détournant mes lèvres, te quitter,
Laissant au moins ta bouche satisfaite !...
Lucie Delarue
Entre 1902 et 1905
Mulholland Drive
23 juillet 2008
Glisse en un frôlement d'aile
Sous ta robe, qui glisse en un frôlement d'aile
Je devine ton corps, les lys ardents des seins,
L'Or blême de l'aisselle,
Les flancs doux et fleuris, les jambes d'Immortelle
Le velouté du ventre et la rondeur des reins.
Extrait du poème "Nocturne" de Renée Vivien.
Femmes d'un coup faites effort.
Femmes
Femmes relevez la tête et montrez les dents
Quelques pas encore avant que le souffle s'arrête
Que le sang s'ébroue penché à la portière
Et que la tête fume toutes ses pensées
Femmes d'un coup faites effort.
Ensevelies sous le bruit de vos pattes dans l'herbe
Centaures tressaillez
Vos dents sont capables de mordre encore
Encastrées dans les lianes de la féminité
Allongez-vous immenses dans le cri
Car ce monde n'est minable
Que par le ridicule qui l'habite
D'ici peu nous serons milliards
Lourdes de seins à la générosité mal profilée
Entre le pouce et l'index
J'entends des voix.
Extrait du poème "Femmes" de Paule Doyon
Source: http://www.cafe.rapidus.net/anddoyon/index.html 

